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jeudi 26 février 2015

Réflexions d'un empereur _Élyse Caron

Réflexions d’un empereur
En regardant, du haut du balcon, Mordru dormir aux pieds des portes du château comme le dragon qu’il est, je ne pus m’empêcher de me poser ces questions qui concernaient l’avenir des peuples et le mien.
Derrière moi j’entendis une porte s’ouvrir. En me retournant, je vis Cloru entrer. Il ne portait plus sa longue robe de mage noire. Il portait maintenant une tunique de couleur sable avec une cape d’un rouge sombre, les couleurs d’une personne importante parmi son peuple. Il ne portait ni coiffe, ni pantalon, laissant voir son crâne, ses fémurs et tout le reste de son corps de squelette vivant. Seules les côtes et la colonne vertébrale étaient cachées par la tunique.
Malgré tout ce temps passé avec lui, je ne pus toujours pas m’empêcher de le regarder avec curiosité : son crâne et ses orbites vides qui ne montraient aucune expression, seule sa voix pour décrire ses émotions!
- Bonsoir, Grof, me salua Cloru.
- Bonsoir,  lui répondis-je.
- Tu me sembles songeur, je me trompe?
- Non, tu ne te trompe pas. Je marquai une pause avant de continuer. Qu’allons-nous devenir maintenant? Tant de sang a coulé pour ce qui semble être la paix. Va-t-elle durer et pour combien de temps? J’ai parcouru ce monde pour l’unifier, j’ai combattu aux côtés de nos soldats contre mon propre père. Mais serai-je un bon empereur ou deviendrai-je comme mon père?
Il y eut un long silence avant que Cloru ne me réponde :
- La vie t’a donné bien des surprises, mon ami : tu es né prince, tu as passé ta vie à haïr ta propre espèce sans le savoir, tu as combattu pour la justice, une fois la vérité découverte, et te voilà maintenant sur le trône de ton père tyrannique. Certes, on pourrait dire que tu es ce pour quoi tu es né, que tu as repris ta place. Mais, pour moi, seul un homme bon comme toi, qui se pose ces questions, peut être un bon empereur.

J’écoutai ses paroles avec sagesse et levai les yeux au ciel étoilé en continuant à me poser ces questions sur l’avenir des différents continents et le rôle que je jouerais.

Élyse Caron

jeudi 19 décembre 2013


Ne plus lire depuis longtemps, c’est comme perdre un ami important (proverbe chinois)

 

Qu’est-ce qu’un livre? Une histoire banale d’un héros? Une brique pleine de pages avec des mots ennuyeux? La vie sans intérêt d’une personne? Pour ceux qui ne connaissent pas la valeur d’un livre, oui!

Mais, pour ceux qui la reconnaissent, c’est tout autre chose. Pour certains, c’est une histoire que quelqu’un a accepté de partager : la vie de nos aïeux oubliés, le sort d’une personne qui a le courage de la raconter, les connaissances d’un individu pour sa passion, le savoir infini d’un explorateur.

Pour moi, les livres sont des portes vers les rêves, vers une autre vie. Car qui, par des moments difficiles, ne voudrait pas être ailleurs, même juste pour cinq minutes? Lire donne la possibilité de faire un long voyage sans quitter son chez-soi, le pouvoir de vivre une autre vie que la nôtre.

Quand je lis un livre, je traverse toujours une foule d’émotions, parfois en dix minutes seulement. Lire jusqu’à oublier l’heure. Lire pour rire avec Nogait d’Émeraude et Christian Pelletier. Pour connaître le tueur en série. Lire tard dans la nuit pour savoir si Samantha Westland va réussir à sortir vivante de la maison en flammes. Passer des heures interminables à la bibliothèque pour s’instruire de la vie au Japon médiéval.

Dans mon enfance, la lecture était déjà présente. Quand on lit une histoire pour la première fois, c’est pour connaître l’histoire. La deuxième fois, c’est pour la comprendre; la troisième fois, c’est pour la raconter à d’autres dans nos propres mots.

Si je ne lis plus, j’ai l’impression de perdre un plaisir du quotidien.  Mais, quand je me remets à lire, je retrouve un ami!

 

Élyse Caron